28 juillet 1488

La Bataille de Saint Aubin du Cormier

 

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L'origine du conflit

 

  En cette fin du XV éme siècle la France lorgne de plus en plus vers la Bretagne... Cette convoitise n'est pas nouvelle, depuis toujours les rois de France n'ont eu de cesse que d'affaiblir le pouvoir ducal en Bretagne, et Louis XI mène sa politique avec une habileté machiavélique !

  Débarrassé de Charles le Téméraire qui trouve la mort lors du siége de Nancy en 1477, Louis XI a les mains libres désormais pour se concentrer sur la Bretagne qu'il veut voir rattachée au plus vite à son royaume. L'occasion lui en est donné quand il constate que François II n'aura pas d'héritier male pour lui succéder. Hors depuis le Traité de Guérande, la loi salique a été introduite en Bretagne. Selon cette loi à la mort du duc, l'héritage reviendra à l'héritier male de la Maison de Penthièvre, mais le Penthièvre n'existe plus, le duc a démantelé cet apanage si souvent rebelle à son autorité. Malheureusement, Louis XI possède les droits de cette Maison, il les a rachetés en 1480 à sa dernière héritier Nicole Dame de Penthièvre. Dés lors, le Parlement de Paris s'affronte avec les États de Bretagne, le duc veut placer sa fille aînée Anne comme seule héritière du duché, le roi de France menace, chicane, puis... Meurt !
Répit de courte durée pour la Bretagne, Anne de Beaujeu, fille de Louis XI est aussi perfide et cynique que son père, étant régente de France, elle fera tant et bien pour que le conflit éclate...   

  

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La Bretagne en 1488 

 

  La Bretagne n'est pas préparée pour ce nouveau conflit, le pays traverse une crise économique qui paralyse le négoce. Si le commerce reste florissant en certain domaine (toile, vin, sel, métaux...) avec le reste de l'Europe, par d'autres cotés il est mal mené par une concurrence très vive qui s'organise dans le transport par mer. Dans le passé, la politique neutraliste des ducs de Bretagne avait favorisé l'essor du commerce maritime, les bretons étaient devenus champions en la matière ! Mais maintenant l'heure n'est plus à l'euphorie, le duc cherche des subsides pour financer la défense du duché, gage à la hâte et de façon souvent inconsidérée les biens de son domaine personnel, les bijoux de la Couronne sont aussi sacrifiés, enfin les levées d'impôts sont augmentées, les villes qui se remettent à peine des précédentes guerres sont fortement "pressées" de subvenir à l'armement et à l'entretien des murailles, ce quelles font comme elles le peuvent avec énergie et patriotisme au prix d'un lourd endettement... (Rennes, Nantes)

La population attend le dénouement... La guerre va s'ajouter à d'autres fléaux dont elle est victime à cette époque : famine, épidémie de peste (Nantes), de mauvaises années de récolte viennent s'ajouter au malheur ambiant !  

    

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La France en 1488

    

  La France a restauré sa puissance, débarrassée de sa voisine la Bourgogne, en paix (provisoirement) avec l'Angleterre, elle peut désormais se consacrer toute entière à l'anéantissement de la Bretagne !

Louis XI a habilement renforcé l'autorité de la Couronne de France à coups d'intrigues, de ruses et d'alliances. Soudoyant sans aucuns scrupules les barons de Bretagne jaloux du pouvoir ducal, les ralliant à sa cause en leurs promettant titres et domaines, il affaiblit du même coup l'autorité du Prince de Bretagne. François II est trahi de toute part, les espions français organisent et trament des débuts de révoltes, pour les évêques bretons, conseillers ducaux, Rohan, Rieux, l'or fait le reste...

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L'agression française

     

  Dés le 15 mai 1487 l'armée française franchi les marches de Bretagne, une campagne foudroyante aura raison d'un grand nombre de place (Ancenis, Châteaubriant, La Guerche, Vannes, Redon...) qui tombent sans résistance; Ploërmel résiste trois jours, puis tombe et subit alors un sac terrible, l'effroi est grand... Nantes stoppe enfin les français, la ville bien préparée au siège tient bon. Les français prendront encore quelques places avant l'hivers (Auray, Vitré, Dol, St Aubin du Cormier), cependant que le Maréchal de Rieux fait volte face et revient avec ses hommes se ranger sous la Bannière ducale !

L'espoir renaît dans les rangs bretons.

  Au début de l'année 1488 les bretons remportent quelques succès, Vannes et plusieurs châteaux sont repris. Mais en avril 1488, la campagne reprend, les français fortement armés (artillerie, cavalerie lourde) se jettent sur les places bretonnes encore fidèles, Fougères voit ses murailles tomber sous les coups terribles de l'artillerie française, le courage et l'héroïsme du gouverneur breton Jean de Romillé et la garnison fougeraise ne pourront pas empêcher la prise de cette cité, véritable "verrou stratégique" (19 juillet).  

  Enfin, le 28 juillet voit les deux armées s'affronter sur la lande située entre le village de Mézières et la ville de St aubin. L'engagement durera 4 heures, l'armée de Bretagne inférieure en nombre prend l'avantage, mais une erreur de tactique du détachement allemand venu en renfort de l'armée bretonne permet à la cavalerie française de déborder et d'enfoncer les lignes de l'infanterie bretonne. Dés ce moment l'issue du combat bascule, les bretons sont assaillis de toutes parts, les hommes meurent en grand nombre, la rage d'en finir du coté français en est pour beaucoup... Le Prince François II réussi une retraite avec une partie des troupes ducales, les fantassins bretons luttent pieds à pieds et se font tuer sur place pour permettre au duc de s'échapper. Au soir de la bataille, l'armée bretonne n'existe plus ! Les survivant sont décapités, la sauvagerie des français n'épargne pas la noblesse qui périt également au mépris des règles  de la chevalerie alors en usage...

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Les suites de la défaite bretonne

       

  La Bretagne est battue... Le duc François II doit se résoudre à signer le Traité du Verger, ce traité est en fait un véritable diktat stipulant que désormais le duc reconnaît la primauté du roi de France, en outre le prince ne pourra marier ses filles (Anne et Isabeau) qu'avec l'accord du roi et selon le choix de ce dernier ! François II ne peut supporter l'affront et meurt le 9 septembre, rongé par le chagrin et la fatigue...

Anne succède à son père sur le trône de Bretagne. Le pays est dévasté. Ruine et misère sont le lot de toute une population en proie aux rapines et saccages des routiers de tous camps… La jeune souveraine (12 ans) possède de réelles qualités, intelligente, volontaire et aidé par un homme remarquable : Philippe de Montauban, son conseiller si dévoué à la Bretagne. La jeune duchesse tentera de sauver ce qui peut l'être encore !

En France Charles VIII devenu majeur reprend les hostilités et met le siége devant Rennes, obligeant la souveraine bretonne à s'unir avec lui, cependant la Bretagne conserve son autonomie et sa souveraineté propre. Plus tard encore, lors de son second mariage, Anne obtiendra la confirmation et l'élargissement des intérêts du duché, son habile gestion ramène la prospérité…

Mais à sa mort (lundi 9 janvier 1514) la Bretagne n'est plus défendue ! Claude sa fille, anéantira tous ses efforts d'un trait de plume, François Ier achetant les membres les plus influents des États de Bretagne mettra fin à la souveraineté de la Bretagne par le Traité dit du Plessis Macé (1532).
On connaît la suite…

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